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vendredi 27 janvier 2017

[Chronique] Mille femmes blanches





Parution en mars 2002
chez Édition Pocket
Éditeur d'origine: Le cherche midi
 485 pages - 8.00 E
One Shot



En 1874, à Washington, le président américain Grant accepte dans le plus grand secret la proposition incroyable du chef indien Little Wolf: troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du périple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart des "Mille femmes" viennent en réalité des pénitenciers et des asiles de tous les États-Unis d'Amérique... Parvenue dans les contrées reculées du Nebraska, l'une d'entre elles, May Dodd, apprend alors sa nouvelle vie de squaw et les rites inconnus des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, May Dodd assiste alors à la lente agonie de soi, peuple d'adoption...
 







Pourquoi ce livre ?
J'avais lu Mille femmes blanches il y a très très longtemps. J'ai eu envie de m'y replonger avant de lire la suite, "La vengeance des mères", parue en septembre 2016.


De quoi parle-t-il ?
En fouillant dans les archives de sa famille, J. Will Dodd trouve une lettre écrite par son arrière-grand-mère, May Dodd, qui a accepté en 1874 de migrer dans les contrées sauvages pour devenir la femme d'un indien. Intrigué, il va partir sur les traces de son aïeule et retrouver ses carnets intimes.


Que penser de l'histoire ?
Ma deuxième lecture étant très éloignée de la première, je ne me rappelais plus des détails de l'histoire, seules les émotions ressenties à ce moment-là m'étaient restées.

Cependant, j'ai tourné les pages exactement avec le même enthousiasme, happée par le récit de ces admirables femmes qui n'ont pas hésité à s'unir à un peuple inconnu pour recouvrer leur liberté.


Que penser des personnages ?
Je les ai adorées ; elles sont tellement touchantes ! J'ai ri et pleuré avec elles, je me suis moquée des hommes avec elles, j'ai souffert et je me suis révoltée avec elles. Je ne peux m'empêcher de vous présenter quelques-unes des membres de ce groupe :

Il y a May, emprisonnée pour "perversions sexuelles" mais capable de déclamer des passages shakespeariens ;
Margaret et Susan, deux jumelles, voleuses patentées, qui jurent comme un charretier et se battent comme des soulards ;
Helen, une chasseuse d'oiseaux et admirable peintre, qui s'habille comme un homme ;
Miss Lovelace, toujours accompagnée par son caniche ;
Gretchen Flathauer, grande à forte poitrine, une armoire à glace ;
Phemie, une belle amazone africaine, ancienne esclave, une "force à regarder vivre".
Toutes vont se révéler dans cette aventure et découvrir, aux yeux de tous, leur véritable nature !!

Une citation d'un anonyme circule en ce moment sur facebook, qui résume bien les personnalités de ces femmes : "une personne forte n'est pas celle qui ne pleure jamais...une personne forte est celle qui peut fondre en larmes par moment pour ensuite reprendre les armes et continuer de se battre."


En conclusion ?
Inutile de vous dire que si j'avais pu mettre un double coup de cœur, je l'aurais fait car ce roman est un hymne aux femmes, à travers ses personnages : il les montre à la fois fragiles et fortes, prudes et coquines, compatissantes et haineuses, capables de pardonner mais aussi de châtier, d'imposer leurs règles et de se révolter. Il est aussi un plaidoyer pour les indiens qui, malgré leur caractère rude et violent, ont su vivre en harmonie avec la nature. Et enfin, il nous fait découvrir les paysages américains tels qu'ils étaient à cette époque, pas encore détruits par la civilisation et à jamais perdus.



Extrait du livre

"Franchement, vu la façon dont j'ai été traitée par les gens dits "civilisés", il me tarde finalement d'aller vivre chez les sauvages".
[...]
"Voyez-vous, May, [..] je veux plus que cela, je rêve d'être une femme libre, réellement indépendante, tributaire de personne. Je le dois à ma mère, à mon peuple. Je sais que pour une femme blanche comme vous, ce que je dis peut être difficile à comprendre.
-Vous seriez étonnée, Phemie, de savoir à quel point je connais ce besoin de liberté."
 [...]
" Voilà ce à quoi j'ai pensé quand ces barbares se sont servis de moi ce jour-là. j'ai compris que la pire chose qui pourrait m'arriver n'était pas de mourir, mais que l'enfant que je porte en moi ne vive pas, lui. Alors je me suis soumise. J'ai enduré. Comme toi et les autres l'avez fait. Parce que nous sommes des femmes, que certaines ont déjà eu des enfants, que nous allons en avoir d'autres.[...]Mais tu dois te rappeler, Martha, que tu as survécu toi-même à cette épreuve, tu t'es soumise et tu as subi, et c'est grâce à cela que tu as sauvé ton enfant. C'est ton pouvoir de femme, de mère, ou, comme ils disent, ta médecine qui t'a sauvée".
[...]
"Miss Kelly numéro 1 a remonté sa robe jusqu'aux cuisses pour montrer sa jambe nue au jeune et valeureux cavalier. -Jette un œil là-dessus, mon joli, dit-elle en partant d'un rire gras. C'est-y que tu voudrais pas reposer ta petite lance dans mon joli pays ?"



4 commentaires:

  1. Ça fait longtemps que j'entends parler de ce roman et tu viens confirmer qu'il faudrait vraiment que je le lise :)

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  2. oui je te le recommande ; j'ai la suite de la saga en attente dans ma PAL....

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  3. Ce n'est pas un roman vers lequel je me tournerais au premier abord mais en tout cas, je le vois passer un peu partout sur la blogo. Il faudrait que je passe mon appréhension. A tester!

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    1. tu me diras ce que tu en as pensé !! bonne semaine livresque !!

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Merci de votre commentaire, j'essayerais de répondre a tous le monde!