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mardi 17 janvier 2017

[Chronique] Agatha Raisin, tome 1 : La quiche fatale






Parution le 1 juin 2016
chez Albin Michel
  320 pages - 14.00 E
Série en cours



Sur un coup de tête, Agatha Raisin décide de quitter Londres pour goûter aux délices d'une retraite anticipée dans un paisible village des Costwolds, où elle ne tarde pas à s'ennuyer ferme. Afficher ses talents de cordon-bleu au concours de cuisine de la paroisse devrait forcément la rendre populaire. Mais à la première bouchée de sa superbe quiche, l'arbitre de la compétition s'effondre et Agatha doit révéler l'amère vérité : elle a acheté la quiche fatale chez un traiteur. Pour se disculper, une seule solution :
mettre la main à la pâte et démasquer elle-même l'assassin.







Pourquoi ce livre ?
Le tome 1 de la saga Agatha Raisin m'a été offert à Noël par mon chéri. Merci à lui de m'avoir fait découvrir cette auteure !


De quoi parle t-il ?
Agatha Raisin est une jeune retraitée qui décide de tout quitter pour réaliser son rêve : habiter dans un cottage à la campagne pour mener une vie plus tranquille. Mais tout ne se passe pas comme prévu : Agatha a le spleen de la vie citadine et sa liberté tant souhaitée se retrouve menacée par une quiche empoisonnée. Agatha Raisin se voit obligée de trouver le meurtrier pour se disculper.


Que penser de l'histoire ?
Quand j'ai lu le titre et le synopsis de ce roman, je n'ai pas été emballée par la perspective de le lire. En effet, cela me faisait trop penser aux personnages de séries télé, Jessica Fletcher et Monk. Pour ceux qui ne connaissent pas, la première est une retraitée qui résout des affaires criminelles et dans un des épisodes de Monk, le meurtrier essaie de retrouver une quiche dans laquelle il a mis du poison et qui a été donnée par erreur à la gagnante d'un concours. Bien que j’adore ces deux héros, je ne me voyais pas me plonger dans la lecture d’une espèce d’hybride des deux !

De plus, un deuxième frein à ma lecture est apparu : je me suis demandée si ce n'était pas un livre du même acabit que "l’immeuble des femmes qui avaient renoncé aux hommes"et "le gang des dentiers fait sauter la banque" qui ne m'avaient vraiment pas inspirée.

Cependant, petit à petit, je me suis aperçue que mes craintes étaient infondées.

Mes deux enquêteurs tv préférés sont attachants, empathiques et ont à cœur de découvrir la vérité, dans un souci de justice. Par contre, Agatha Raisin est horripilante, désagréable et ressemble à un requin de la finances. Autant les premiers ont à cœur de découvrir la vérité par souci de justice autant Agatha ne le fait que pour se disculper et tromper son ennui. Par conséquent, aucune chance que cette dernière soit un mix des deux !

De même, le roman n'est pas seulement un roman policier, c’est aussi le récit d'un parcours initiatique, si j’ose dire, d’une femme qui s’aperçoit qu’elle a passé sa jeunesse à essayer d’obtenir ce qu’elle voulait au lieu de s’interroger sur ce dont elle avait vraiment besoin. 

Il est aussi et enfin, une source d’inspiration pour les femmes. L’auteure fait référence à Boadicée, une reine qui a mené une révolte contre les romains dans un des passages (cf encadré), en donnant le nom de l’auteur d’une pièce de théâtre dont le personnage principal est Boadicée, à un de ses personnages et en mettant en scène le récit dans la même région où a eu lieu la bataille finale menée par cette égérie.

Pour vous donner une idée de qui était Boadicea, voici un extrait du livre de Tacite (Annales, XIV, 29-37) :

« Boadicea, montée sur un char avec ses filles devant elle, allait de tribu en tribu, proclamant qu'il était habituel pour les Britanniques de combattre sous la direction des femmes. « Mais à présent, disait-elle, ce n'est pas en tant que femme de noble ascendance, mais comme une femme du peuple, que je veux venger la liberté perdue, mon corps fouetté, la chasteté outragée de mes filles. L'avidité romaine est allée si loin que ni nos personnes, ni l'âge ni la virginité, n'ont été épargnés par la souillure. Mais les dieux sont favorables à une juste vengeance ; une légion qui avait osé combattre, a péri ; les autres se cachent dans leur camp, ou pensent à s'enfuir. [...]. Si vous pesez bien la force des deux armées, et les causes de la guerre, vous verrez que dans cette bataille vous devez vaincre ou mourir. Cela est la résolution d'une femme ; quand aux hommes, ils peuvent préférer vivre et être esclaves. »


En conclusion ?
Ce roman a deux niveaux de lecture : le premier est léger, amusant et bourré de clins d’œil littéraires. Le deuxième reflète la personnalité de l'auteure qui a été tour à tour libraire, journaliste, critique théâtrale, éditrice d'un magazine de mode et bien sûr,  écrivain. 
Je regrette que seul le ton humoristique du roman ait été retenu pour commercialiser le livre, car il est tellement plus, ce serait dommage de passer à côté !



Extrait du livre

"On croisait partout des jeunes femmes poussant leurs bébés ou leurs enfants en bas âge dans des landaus et des poussettes, comme on appelle ces chars que les mères envoient avec aplomb dans les jambes de ceux qui n'ont pas d'enfants. Elle avait lu un article, un jour, où une jeune maman expliquait qu'elle avait souffert d'agoraphobie sévère lorsque son bambin avait été trop grand pour la poussette. Et effectivement, ces engins semblaient alimenter une certaine agressivité chez les mères qui, comme autant de Boadicée bravant les légions romaines, fendaient de leurs chars la foule du marché"



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