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vendredi 19 mai 2017

[Chronique] Appuyez sur étoile





Parution le 5 Avril 2017
chez Sarbacane
197 pages - 15.50 E
One Shot




Quelques saisons ? Quelques mois ?
Avril ne sait pas combien de jours il reste à sa mémé avant "d'appuyer sur Etoile".

Un jour, à l’hôpital, mémé lui expose son rêve : s'éteindre en haut d'une montagne. Assez près des étoiles pour les toucher.

Projet fou ? Impossible ?
Sauf qu'Avril a justement l'énergie qui déplace les montagnes...

La mort gagnera sans doute, à la fin ; mais elle a affaire à deux sacrées combattantes.








Pourquoi ce livre ?
Je remercie les Éditions Sarbacane pour cet excellent livre, moins pour mon état en ce moment grâce à lui.

Que penser de l'histoire ?
Il y a des livres, comme celui-ci, qui vous laisse terriblement mal. Des livres qui vous font pleurer, vibrer, vous laisse le cœur en miettes.
Ce livre, ne m'a pas déçue, il m'a même largement surprise. Je ne m'attendais absolument pas à ce que je finisse si mal, à ce que je sois si blessée, à mon envie de prendre mon doudou et de me cacher au fond de mon lit pour les 15 prochaines années.
J'ai perdu ma mémé il y a déjà 1an et demi, mais pour moi, ce jour-là la terre a explosé en millions de morceaux. Il m'a fallu des jours pour mettre un pied devant l'autre, pour arriver à ne pas éclater, puis le temps a passé, je suis toujours à fleur de peau quand je pense à elle mais je vais de mieux en mieux. Chaque pas l'un après l'autre. Je sais que ce que je suis c'est beaucoup grâce à elle et qu'elle serait heureuse pour moi de ce qu'est devenue ma vie en seulement un an.
Ce livre m'a donc touchée en plein dans ma vie privée, dans mon âme. J'aurais aimé pouvoir être plus présente pour ma grand-mère mais je sais avoir fait mon maximum, avoir été là toute la semaine durant laquelle sa fin de vie était la plus pénible. Je me souviens d'avoir fait plein de choses avec elle, et je chérie ces merveilleux moments qu'ils datent de sa maladie ou même d'avant, de notre dernière véritable conversation à cœur ouvert, mais aussi de notre dernière entrevue seule avant l'appel qui m'a mise à genoux, le dernier moment où nous avons pu nous parler avant que la maladie ne soit trop présente et ne l'empêche de me parler. Mais je m'égare, j'espère que vous me pardonnerez. Mais en lisant ce livre, je pense que vous comprendrez à quel point il est magnifique et bien écrit.
Je n'ai pas vu la moindre fausse note, j'ai enchaîné les pages, tout en mettant du temps. En effet, quand les souvenirs affluent il est dur de continuer sa lecture. Mais je tiens à préciser que ses "décrochages" ne sont pas à imputer ne serait-ce qu'un peu à la prose de l'auteur.
J'ai aimé le ton franc, autant dans ce qui se passe que dans la description des uns et des autres.
Avril m'a émue, j'ai aimé qu'elle fasse passer sa grand-mère avant tout, qu'elle soit honnête avec son rapport à la maladie. J'ai apprécié que l'auteur traite la réalité, le fait que soutenir quelqu'un est difficile, qu'il n'est pas aisé de faire comme si, alors que l'on sait qu'il risque de ne pas avoir de lendemain, et que d'un côté on aimerait que cela cesse, pour que notre cher malade finisse par enfin être apaisé.
J'ai apprécié qu'Avril soit tenue de faire ce qui fait de sa vie professionnelle, que l'auteur traite aussi ce côté relationnel. Le moment où l'on doit s’efforcer d'avancer même quand l'envie de s'effriter s'annonce.
J'ai aussi apprécié Tarik et j'aurais aimé en savoir plus mais en même temps je pense que l'auteur à traité son sujet comme il faut car c'était comme être un confident à un moment donné sans s'inviter plus longtemps que nécessaire. Ce qu'il faut, comme il faut, au bon moment. Cette phrase résume plutôt bien ce livre.
En conclusion ?
Un livre, dont la chronique même me fait pleurer. Un roman touchant, émouvant, poignant.
Je pense que ce que j'en ai ressenti est clair. J'en ai encore des frissons et je pense que ce livre va me marquer encore longtemps, très longtemps.


Je vous mets un extrait pour rendre un hommage aux infirmières qui savent être présentes. Et notamment celle d'Estaing qui ont permis à ma grand-mère d'avoir pendant plus d'une semaine, ses 6 enfants, leurs conjoints à demeure et les petits enfants qui sont passés à tour de rôle, et qui ont toléré mon bébé dans la salle d'attente tous les matins afin de me permettre de la voir autant que possible.


Extrait du livre

"Sur ce genre de chose (ndlr : la fin de la lune de miel, ou fin de vie), le personnel de soins palliatifs se trompe rarement. Les infirmières ont appris à se fier à la détresse, à lire dans les regards quand la respiration devient difficile, le corps immobile, quand les mots ne sortent plus. Elles ont appris à informer les médecins rapidement, pour qu'ils contactent la famille... juste à temps. Jusqu'à  ce que le patient ne soit plus qu'une chambre qui se vide. Pour le suivant."




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