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lundi 25 septembre 2017

[Chronique] L'île des oubliés





Parution en 2013
chez Le Livre de Poche / Éditions Les Escales
  520 pages - 7.90 E
One shot




Saga familiale bouleversante et vibrant plaidoyer contre l'exclusion, ce roman d'évasion plein d'émotion et de suspense nous emporte sur une île au large de la Crète, Spinalonga, l'île des lépreux. Alexis, une jeune Anglaise, ignore tout de l'histoire de sa famille. Pour en savoir plus, elle part visiter le village natal de sa mère en Crète. Elle y fait une terrible découverte : juste en face du village se dresse Spinalonga, la colonie où l'on envoyait les lépreux... et où son arrière-grand-mère aurait péri. Quels mystères effrayants recèle cette île des oubliés ? Pourquoi la mère d'Alexis a-t-elle si violemment rompu avec son passé ? La jeune femme est bien décidée à lever le voile sur la bouleversante destinée de ses aïeules et sur leurs sombres secrets...








Pourquoi ce livre ?
Ce livre a été proposé par un club de lecture auquel je participe de temps en temps. Cependant, j'ai hésité à me le procurer car les "livres-plaidoyers pour une cause" ne m'attirent pas du tout et même si je ne nie pas leur utilité, ce n'est pas ce que je recherche dans une lecture. Malgré tout, la mention "saga familiale" promise également par la 4eme de couverture a vaincu mes hésitations.


De quoi parle-t-il ?
Nous rencontrons Alexis, une jeune femme de 25 ans, qui, en proie aux incertitudes de l'avenir, profite d'un voyage en Crète pour enquêter sur l'histoire de sa famille, afin de trouver une réponse à ses propres tourments. Elle y rencontre une amie de sa mère, qui accepte de lui confier les secrets de de son arrière-grand-mère, Eleni et des filles de cette dernière, Maria et Ana.


Que penser de l'histoire et des personnages ? 
J'ai aimé l'histoire et j'ai ressenti beaucoup de sympathie pour ces héroïnes. Ce qui m'a le plus frappée, c'est leur volonté, malgré l'horreur de la maladie et la douleur d'être séparées de leur famille, de continuer à vivre dans la dignité et la générosité. L'adaptation dont elles font preuve devant cette nouvelle vie qui s'impose à elles, sans se plaindre outre mesure, m'a impressionnée.

Ce qui est aussi appréciable c'est de voir qu'une de ces femmes sort du lot car, a contrario des autres protagonistes, elle n'accepte pas son destin et va tout faire pour améliorer son existence. En effet, j'ai eu un peu de mal avec l'idée que les femmes ne doivent que s'occuper des tâches domestiques et trouver un gentil mari, même si j'entends bien que cela faisait partie des traditions des Crétois de l'époque. Et bien qu'elle le fasse de la pire manière, sans se préoccuper des conséquences de son comportement sur son entourage, j'ai éprouvé de la compréhension et de la compassion pour elle.

Pour finir avec les personnages, j'ai eu du mal à comprendre la place d'Alexis dans tout ce récit, à part de jouer le fil conducteur. Par la suite, je me suis aperçue qu'elle jouait un rôle fondamental car en partant à la découverte de ses racines, elle va devenir plus assurée, à la manière de ses Aïeules, comme si leur force de caractère était venue enfin vers elle. L'auteure montre comment cette jeune femme va prendre conscience de ses origines et renouer avec la "nature sauvage" des Crétois, qui était enfouie en elle.

Je dois avouer que j'ai un petit peu déçue par ce roman car je m'attendais à davantage, et c'est ce qui explique ma note. En effet, j'aurais voulu qu'Alexis éprouve plus de difficultés pour résoudre le secret de sa famille et non pas que la première personne rencontrée lui déballe toute l'histoire. Je m'attendais également à en découvrir autant sur Sophia et sur Ana que sur Maria. Cela m'a donné l'impression que l'auteure, à un moment donné, avait bâclé l'histoire, comme si elle avait hâte d'en terminer.

En conclusion ?
En y réfléchissant bien, je pense que ma déception vient des promesses de la 4eme de couverture. D'une part, je n'arrive pas à considérer ce roman comme une saga familiale, étant donné que nous n'avons pas les détails de la vie de certains membres de la famille. D'autre part, il est malaisé, à mon sens, de dire que l'île recèle "des mystères effrayants" puisque tout le monde était au courant de l'utilisation de l'île.

De plus, j'ai écouté quelques interviews de l'auteure et je n'ai pas trouvé de volonté exprimée de sa part de traiter de l'exclusion. Victoria Hislop explique plutôt qu'elle souhaitait faire connaître la Crête, ses coutumes, ses habitants et ses paysages. Et c'est vrai que j'ai apprécié cette immersion dans la vie de ces habitants, qui ont appris à s'adapter aux caprices de la nature, et parfois même, de l'Histoire.

Au final, je conseille tout de même ce livre ; les aficionados des témoignages et de l'Histoire y trouveront leur compte (même si ce n'est pas la priorité de l'auteure) ainsi que les passionnés de récits romantiques.


Extrait du livre

"Quelles histoires pouvaient raconter les murs de cette  ville ? Ils avaient sans doute vu de grandes souffrances. La vie avait distribué de mauvaises cartes aux lépreux prisonniers de ce rocher. Habituée à faire parler les pierres, Alexis comprenait devant ces ruines que les habitants de cet endroit avaient connu bien d'autres émotions que le malheur et le désespoir. Si leur existence s'était résumée à une vie de misère, pourquoi y aurait-il eu des cafés ? Et un bâtiment qui accueillait selon toute vraisemblance une mairie ? Derrière la mélancolie, elle percevait des signes de normalité. Cette minuscule île avait accueilli une communauté : elle n'avait pas seulement été un lieu où venir attendre la mort."



2 commentaires:

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