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vendredi 2 février 2018

[Chronique] Le Prince de Cochinchine (Nicolas Le Floch, enquête 14)





Parution le 18 octobre 2017
chez JC Lattes
 400 pages - 19.00 E
Série en cours




1787  Nicolas Le Floch, en Bretagne pour la naissance de son petit-fils, fait l’objet d’un attentat. C’est le début d’une nouvelle enquête au cours de laquelle il va retrouver son ami de jeunesse Pigneau de Behaine évêque d’Adran venu négocier un traité d’alliance entre le roi de Cochinchine et la France. Dans un pays épuisé par le déficit grandissant et la faiblesse de Louis XVI – et alors que se profile une convocation des États-Généraux – des ennemis extérieurs soutenus par des complots intérieurs vont se mettre en travers des intérêts du royaume.  Ainsi, une nouvelle fois Nicolas Le Floch, soutenu par la confiance du roi et par le soutien circonspect de Sartine, mobilisera ses amis pour résoudre de manière inattendue une intrigue haletante qui mélange affaires d’État et cas criminel.








Pourquoi ce livre ?
Fan inconditionnelle de l’écrivain Jean-François Parot, j’attendais avec impatience le prochain tome des enquêtes de Nicolas Le Floch (deux ans d’attente !!) et lorsque l'attaché de presse de la maison d'édition JC Lattes nous l’a proposé, vous l’aurez compris, j’ai sauté sur l’occasion.


De quoi parle t-il ?
Nicolas Le Floch est un commissaire "aux affaires extraordinaires", c’est-à-dire qu’il est chargé par le roi de résoudre certaines affaires criminelles qui réclament particulièrement du doigté et de la finesse. De tome en tome, le jeunot esseulé et tout frais venu de sa Bretagne, se transforme peu à peu, sous nos yeux, en un policier réputé, entouré et soutenu par ses nouveaux amis. Nous voici en 1787, année charnière dans la vie du personnage : il a 40 ans, âge des bilans et des remises en question. De plus, la société telle qu’il a connue et sur laquelle il se reposait (la royauté) est en train d’évoluer radicalement.


Que penser de l'histoire et des personnages ?
Depuis la parution du premier opus "L’énigme des Blancs-Manteaux" en 2000, je ne rate aucune sortie de la saga, et donc ceci, depuis 17 ans. Inutile de vous dire qu’en fait, j’ai grandi avec Nicolas (ah bin oui je l’appelle par son petit prénom, depuis le temps que nous nous connaissons).

Autant vous dire que je me suis inquiétée en lisant les premiers chapitres du roman. Mais qu’arrivait-il à mon héros préféré ? J’avais l’impression que celui-ci n’avait plus la vigueur et la vitesse de réflexion de ses vingt ans, bref qu’il vieillissait. De là, une pensée glaçante et horrible m’est venue :
"L’auteur ne va pas le faire mourir quand même !!!! ahhhhh !!!!" Qu’allait-il se passer ? Nicolas allait-il finir par trépasser dans l’exercice de ses fonctions ? ou mourir de vieillesse ? la relève sera-t-elle assurée ?

Malgré ces interrogations, je vous rassure, j’ai réussi sans peine à apprécier l’histoire. N’étant pas de la prime jeunesse non plus, j’ai été en phase avec les interrogations existentielles surgissant dans la narration. C’est en effet à ce moment-là de notre vie qu’on s’aperçoit que nos parents sont des personnes âgées et qu’ils se rapprochent de l’étape finale.  C’est ce qu’il y a de plaisant dans ces livres, même si les situations dans lesquelles est plongé le personnage principal ne relèvent pas de notre réalité proche, je n’ai aucun mal à m’identifier à lui, tant celui-ci est "humain" dans ses valeurs et dans les épreuves.

Pour ce qui est de l’aspect historique du récit, j’ai pris autant de plaisir qu’avant. En effet, Nicolas Le Floch se retrouvant souvent confronté aux intrigues de la cour, nous sommes dans les premiers rangs pour connaître les pensées des grands du royaume, même si cela est romancé. L’auteur en profite pour nous parler de Pigneau de Behaine, cher à son cœur et qui a vécu à cette époque. Bien sûr, là aussi, Jean-François Parot nous lance un os à ronger quant à l’approche de la Révolution de 1789 et aux conséquences de celle-ci sur notre enquêteur.

En ce qui concerne l’intrigue, notre marquis parvient quand même à la dénouer et avec brio, car celle-ci est particulièrement alambiquée. Je ne m’attarde pas dessus car j’aurais du mal à ne pas spolier et, en plus, ce n’est pas ce qui m’a le plus emballé. Je l’ai trouvée trop « prise de tête », ce qui explique l'absence de coup de cœur.


En conclusion ?
L’auteur nous mets aux abois concernant l’avenir de sa saga. Espérons qu’il nous laisse l’opportunité de retrouver Nicolas pendant longtemps encore!



Extrait du livre

"Voilà, se disait-il, un homme qui aurait pu vivre de sa rente, dans le confort et dans le luxe et qui, année après année, se dépensait sans compter, sacrifiant ses jours et ses nuits au service de l’État et du roi. Avait-il le droit, lui, Nicolas Le Floch, marquis de Ranreuil, de se plaindre ? Certes la vie lui avait réservé bien des épreuves, mais aussi d’exaltantes satisfactions. Et voilà que sa famille s’ancrait dans sa vieille terre natale. Ce bonheur lui imposait d’en solder le privilège. C’est cela qui devait conforter son dévouement au service du roi, en repoussant les tentations du retrait"




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