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lundi 30 avril 2018

[Chronique] Laisse moi en paix





Parution le 21 mars 2018
chez Marabout
Collection: Thriller
 430 pages - 19.90 E
One Shot




Il y a deux ans, Tom et Caroline Johnson, ne pouvant supporter de vivre l'un sans l'autre, ont choisi de se donner la mort. Leur fille Anna, incapable d'accepter leur décision de se suicider, peine depuis à se remettre de leur disparition. Devenue maman à son tour, elle ressent profondément l'absence de sa mère, et est déterminée à découvrir ce qui est vraiment arrivé à ses parents. Mais alors qu'Anna fouille le passé, quelqu'un tente de l'en empêcher. Il est parfois plus sûr de rester dans le mensonge.









Pourquoi ce livre ?
Cela fait plusieurs fois que je suis attirée par les romans de Clare MacKintosh et sa venue au salon de Brive en novembre dernier m'avait poussée à la découvrir davantage. Par chance, son nouveau roman voyait le jour en mars de cette année et j'ai eu la chance de le découvrir en avant première.


De quoi parle t-il ?
Il y a un an, Caroline Johnson a choisi de se donner la mort en se jetant d'une falaise seulement quelques mois après le suicide identique de son mari. Alors qu'elle se remet difficilement de leur soudaine disparition, Ana reçoit une lettre qui va remettre en question tout ce qu'elle pensait savoir de la situation. "Un suicide ? Détrompe toi...". Aucun doute pour Ana, c'est un meurtre et il est temps de connaitre la vérité sur la mort de ses parents.


Que penser de l'histoire ?
Je ne suis pas habituée à ce genre d'histoire et j'avoue avoir eu beaucoup de mal à rentrer dans ce roman. Les faits se mettent rapidement en place et nous retrouvons dés les premières pages les inquiétudes et les questions que se posent Ana au sujet de ses parents mais l'intrigue prend beaucoup trop de temps à démarrer et l'enquête a tendance à bien trop trainer. Les détails concernant la vie et le passé de chaque personnage qu'ils soient morts ou vivants sont importants mais rendent parfois la lecture monotone et ne font que nous éloigner de la véritable question que l'on se pose tous : Qu'est-il arrivé aux parents d'Ana ?

Puis l'air de rien, on arrive malgré tout à se rapprocher du but, on se pose des questions et on se laisse embarquer par l'auteur. On suit les pistes qu'elle nous donne, on commence à faire nos propres déductions, à imaginer que n'importe qui pourrait être le tueur et quand on pense avoir raison... on se rend compte qu'elle nous a bien eu et que non, elle voulait juste nous embrumer l'esprit ! Chose qu'elle réussit avec perfection ! La lecture devient bien plus plaisante et on se laisse happer au fur et à mesure par l'histoire qui devient de plus en plus intéressante. C'est à ce moment là que l'on ne regrette pas d'avoir abandonné notre lecture.


Extrait du livre

" Je suis soupe au lait. Comme tout le monde, non ?
Je ne suis pas plus incontrôlable que vous, pas plus susceptible de m'en prendre aux autres. C'est une question de facteur déclenchant.

Tout le monde en a un. Le simple fait que vous ne savez pas ce qui vous fait basculer ne signifie pas que vous êtes à l'abri. Mieux vaut le savoir, ou un jour quelqu'un vous fera disjoncter et le voile rouge tombera devant vos yeux. 
Connaitre le facteur déclenchant, c'est être capable de le contrôler."



Il faut dire que la mise en page y est également pour beaucoup. En effet le roman est divisé en trois parties, chacune d'entre elles se terminant par des révélations qui vont vous faire remettre vos idées à zéro et vous faire sentir un peu perdu. Dans chaque partie, on suit l'avancée des deux protagonistes principaux à savoir Ana et l'inspecteur Murray auquel cette dernière a fait appelle suite à l'envoi de ce charmant petit mot dont je vous parlais précédemment. Puis de temps en temps, nous retrouvons des passages anonymes représentant une personne dont nous ignorons l'identité même si nous la devinons, mais qui fait partie de l’équation. Ce sont ces passages là qui nous embrouillent l'esprit.


Que dire des personnages ?
Ana est le genre d’héroïne qui ne marque pas forcement les esprits mais que l'on ne déteste pas pour autant. Elle est simple, a des réactions ni trop exagérées, ni trop fades. Elle se contente de vivre sa vie comme elle peut et fait face à ce qui lui arrive en fonction de ce qu'elle a. Je n'ai par contre pas apprécié plus que cela son mari mais impossible de vous dire pourquoi. Il a juste ce petit quelque chose qui fait que dés le début je ne le sentais pas.

L'inspecteur Murray est par contre un personnage que j'ai fortement apprécié. Sa relation atypique avec sa femme et son amour pour elle m'a beaucoup touchée et j'étais ravie de découvrir petit à petit sa vie même si je n'ai pas pu m'empêcher de ressentir un tant soit peu de pitié. Oui, je sais, le mot est fort mais le terme compassion ne serait quant à lui pas assez en adéquation avec mon ressenti. 

Certains autres personnages m'ont marquée mais vous parler d'eux sans révéler une partie de la trame de l'histoire est impossible. 


En conclusion ?
Laisse moi en paix est un roman très agréable a lire si l'on arrive à dépasser la première partie beaucoup plus monotone. Je suis ravie d'avoir découvert cette auteure et je pense m'essayer a ses autres œuvres très prochainement.


Extrait du livre

"La mort n'est pas faite pour moi. Je la porte comme un manteau d'emprunt ; elle me glisse des épaules et traine dans la boue. Elle me va mal. Je la trouve étriquée. J'ai envie de m'en débarrasser, de la fourrer dans le placard, de l'échanger contre mes vêtements bien coupés. Je ne voulais pas changer de vie, mais dans celle qui m'attend, j’espère devenir une belle personne, pleine de vitalité. Pour l'instant, je suis piégée.
Entre deux existences.
Dans les limbes.
J'ai toujours entendu dire que les disparitions brutales sont plus faciles à supporter. Moins pénibles. C'est faux. Si l'on épargne les douloureux adieux prolongés qui accompagnent les longues maladies, on compense par l'effroi que suscite une disparition subite. Une mort violente. Le dernier jour de ma vie, j'ai marché sur la corde raide entre deux mondes, mon filet de protection en lambeaux sous mes pieds. Par ici la sécurité, par là le danger.
J'ai avancé.
Je suis morte.

[...] 
On a pas le droit de revenir. Cela bouleverse les gens. Ce serait la première règle du manuel s'il y en avait un : "ne jamais revenir", immédiatement suivie de la règle numéro deux : "se faire tout petit". Il faut tourner la page. Mais difficile de tourner la page quand on n'existe pas, quand on a laissé derrière soi la vie que l'on connaissait et qu'on n'en a pas commencé de nouvelle. Quand on est coincé dans un no man's land entre vie et trépas. Quand on est mort.
J'ai respecté les règles.
J'ai disparu dans cette demi-vie, solitaire et ennuyeuse.
Mon ancienne vie me manque. "



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