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vendredi 20 juillet 2018

[Chronique] Au petit bonheur la chance





Parution le 07 mars 2018
chez Mazarine
 325 pages - 17.9 E
One shot



1968. Jean a six ans quand il est confié du jour au lendemain à sa grand-mère. Pour l'été. Pour toujours, il n'a pas prévu ça. Elle non plus. Mémé Lucette n'est pas commode, mais dissimule un cœur tendre. Jean, véritable moulin à paroles, est un tourbillon de fraîcheur pour celle qui vivait auparavant une existence paisible, rythmée par ses visites au cimetière et sa passion pour le tricot. Chacun à une étape différente sur le chemin de la vie - elle a tout vu, il s'étonne de tout - Lucette et Jean vont s'apprivoiser en attendant le retour de la mère du petit garçon.








Pourquoi ce livre ?
J'avais déjà lu le premier livre d'Aurélie Valognes "Mémé dans les orties" et c'est sans doute aucun que je me suis penchée sur "Au petit bonheur la chance", grâce au service presse Mazarine. Je les en remercie vivement.


De quoi parle-t-il ?
Nous faisons la connaissance du petit Jean qui, du haut de ses 6 ans, voit sa vie bouleversée quand sa mère décide de le confier à la garde de Mémé Lucette. Nous l'accompagnons à chaque étape importante de sa vie, toujours rêvant, toujours tombant, mais toujours encaissant : "même pas mal".


Que penser de l'histoire et des personnages ?
En ce moment, j'ai du mal avec les auteurs qui ont un style d'écriture assez simple. Cela ne me convient pas, je ne parviens pas à m'identifier aux personnages à cause de cela. Je crois que je lis trop de romans policiers, aux termes souvent sombres, très réalistes, et avec des rebondissements, et pas du tout "gnan gnan". Par conséquent, j'ai mis du temps à accrocher à l'histoire jusqu'à ce que j'en apprenne un peu plus sur les femmes qui entourent le petit garçon.

Celles-ci sont au nombre de 3 :  il y a Marie, sa mère, Lucette, sa grand-mère et Françoise, sa tante. Elles représentent 3 générations différentes. Lucette vient des temps anciens, où on gardait les aliments en conservation  sur la fenêtre de la cuisine et où les toilettes étaient au fond de la cour. Françoise est la mère au foyer par excellence des années 60 alors que Marie fait plutôt partie des féministes. Elle essaie de s'affranchir du joug des hommes en menant seule sa barque. A travers elles, l'auteure nous peint la société de cette époque et les difficultés d'y être, "au féminin". Elle a su peindre leur silence, elle a su libérer leur parole, mais aussi elle a su leur faire crier leur douleur et leur désespoir.

Jean est le catalyseur de tout cela, à travers son innocence et ensuite grâce à sa maturité, ces femmes s'ouvrent à lui et à nous, comme elles ne l'avaient jamais fait auparavant. Par cette histoire, Aurélie a voulu raconter également celle de son père, qui a été lui aussi élevé par sa grand-mère. D'aucun s'attachera à ce petit bout de chou si innocent, si fier et si courageux et craquera assurément sur ses pépites de langage !


En conclusion ?
Un livre que je recommande sans problème.


Extrait du livre

"La situation est révoltante. Tous deux savent comment les femmes qui cherchent des solutions par elles-mêmes, clandestinement, sont peu respectées par nombre de médecins, ce qui ajoute de la douleur inutile à leur honte. Comme si la culpabilité ne suffisait pas. Comme si porter seule le poids si lourd d'un être si léger dans ses entrailles n'était pas en soi déjà une punition, quand l'enfant n'est pas désiré. L'acte se fait au pluriel, mais les conséquences sont toujours au singulier. Et au féminin."




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