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lundi 10 septembre 2018

[Chronique] La perfection du crime





Parution le 6 juin 2018
chez Marabout
 364 pages - 19.90 E
Série en cours




Perdu dans une région isolée des Highlands, un corps se consume. Seules des dents et un fragment de vêtement permettent de l'identifier. Au même moment, dans une maison d’Édimbourg, dissimulée aux yeux de tous, une femme hurle dans le noir. L'inspecteur Luc Callanach, qui vient juste de prendre ses fonctions, est chargé de l'enquête pour homicide. Accompagné de sa coéquipière, Ava Turner, il doit faire ses preuves face à un meurtrier qui a couvert ses traces avec un soin tout particulier. Une autre disparition les embarquera dans une course contre la montre pour éviter qu'une nouvelle victime trouve la mort. Mais le véritable sort des trois femmes se révélera être bien au-delà de ce qu'ils auraient imaginer.
 







Pourquoi ce livre ?
Adamsberg, Nicolas Le Floch, Agatha Raisin, Erica Falk... rien ne me fait plus plaisir dans une lecture que de suivre les péripéties d'un enquêteur, non seulement au niveau professionnel mais aussi au niveau sentimental. Je remercie donc chaleureusement les éditions Marabout de m'avoir fait découvrir ce nouvel héros.


De quoi parle-t-il ?
Un ex-agent d'Interpol, Luc Callanach, fraîchement débarqué de ses fonctions, essaie de reprendre sa vie en main avec le job de la dernière chance : commandant dans une région de l'Écosse. A peine arrivé, il doit faire face à une série de disparitions de femmes, qui finissent toutes mal...Va-t-il parvenir à les stopper ?


Que penser de l'histoire et des personnages ?
Tout au long de la lecture, je n'ai cessé de penser au Misery de Stéphen King. D'abord parce qu'un des personnages s'appelle King et ensuite à cause de la tonalité insoutenable du récit. Attention : je ne suis pas en train de dire qu'Helen Fields copie Stephen King ; celui-ci est à jamais inégalable ! Je dis seulement que j'ai retrouvé dans les deux romans les mêmes ressentis, et c'est très rare quand cela m'arrive malheureusement.

La façon dont la puissance du meurtrier est décrite est impressionnante. L'auteure procède par antinomie par rapport aux autres acteurs de l'histoire. Luc est décrit comme étant "has been", essayant tant bien que mal de retrouver le contrôle de sa vie et peinant à trouver des indices pour arrêter le coupable. Les femmes enlevées sont tour à tour brisées. Même le lecteur se retrouve impuissant : il connait le nom de l'assassin dès le début ainsi que son mode opératoire et pourtant, il ne peut rien faire pour aider Luc. Il souhaiterait lui crier "non ! Ce n'est pas ça ! Tu fais fausse route" mais il ne le peut pas. A contrario, le tueur, pourtant décrit comme ayant un physique indifférent, invisible dans la foule, se révèle d'une force incroyable, au fur et à mesure qu'il se découvre lui-même. Le frisson de terreur qui parcourt l'échine du lecteur est d'autant plus important que celui-ci peut s'identifier aux victimes.

Ici, pas de loup-garous ni de vampires, pas d'aventures au temps des rois, pas de fleuriste qui meurt les quatre fers en l'air dans une jardinière !! Non ! le monstre peut vraiment exister et sortir de ces pages. Cela est encore plus horrifiant quand on pense que le meurtrier est monsieur tout le monde ;  il pourrait être votre voisin, votre frère, votre professeur ! Pire, l'angoisse nous tétanise devant la perfection de son crime et à l'idée qu'on ne puisse jamais l'appréhender.

L'auteure a réussi également à nous embarquer dans deux intrigues que nous pourrions qualifier de secondaires mais qui sont très importantes pour les personnages principaux, Luc et Ava. Elle vont nous permettre de mieux les connaître et contribuer à la tonalité de l'ensemble. En effet, contrairement à l'intrigue principale, nous ne comprenons rien à ce qui se passe et franchement, nous n'y voyons que du feu. Quand aux personnages, autant Luc est un féru du contrôle afin de mieux se sentir en sécurité autant Ava est plus à l'aise dans ses baskets. Je me suis plus retrouvée dans le personnage de Luc mais du coup j'admire Ava pour son comportement.


En conclusion ?
Ainsi, Helen Fields se joue de nous. Alors que nous nous sentions en sécurité allongés sur notre chaise longue à lire un bon bouquin, elle nous décrit un monde angoissant dans lequel les monstres n'ont que faire des outils high tech et des recherches ADN. Le lecteur sait, mais il est impuissant... et il est tellement focalisé par ce qu'il sait, qu'il ne voit pas autre chose, d'aussi terrible... Et le pire.. c'est que ce monde est le nôtre.


Extrait du livre

"[il] laissa tomber la reine dans la bouche de Grace et attrapa une tour d'un geste vif. Il lui fit suivre le même chemin, qu'un pion et un cavalier empruntèrent à leur tour. Il eut une pensée fugitive pour ses parents qui auraient été furieux de voir le traitement infligé à leur précieux jeu d'échecs, mais, après tout, eux non plus ne l'avaient jamais laissé gagner. L'usage qu'il faisait des vieilles pièces taillées dans l'ébène et l'ivoire lui paraissait meilleur que celui auquel elles avaient jamais servi."




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