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vendredi 12 juillet 2019

[Chronique] Arabe




Parution le 6 février 2019
chez JC Lattès
 200 pages - 17 E
One Shot



"Maya, une jeune femme française de vingt-huit ans, se réveille un matin en parlant arabe. Pourtant Maya n'est pas arabe et cette langue, elle ne l'a jamais apprise. Des analyses médicales sont faites, des résultats sont attendus. Qu'est ce que cela veux dire? Maya doit chercher, comprendre la femme qu'elle est à présent, explorer une culture qui n'est pas la sienne. Découvrir pourquoi ce mystère, qui est aussi un don, une chance, bouleverse ainsi sa vie."











Je ne sais pas pourquoi mais en ce moment j'apprécie grandement lire des œuvres dont le sujet est le racisme ou lié avec les pays du monde arabe. Le livre de Hadia Decharrière n'aura pas échappé à cette envie du moment. 

On y retrouve Maya, une jeune femme proche de la trentaine vivant son petit bout de chemin qui du jour au lendemain se réveille en comprenant l'arabe. Déjà le thème est lancé mais ce qui est fort intéressant ici, c'est que notre héroïne ne connait pas seulement la langue mais ressent les sensations que peuvent sentir la population arabe. Un livre difficile à résumer mais qui nous emmènera dans une culture différente de la notre à travers les yeux d'une héroïne qui essayera elle-même de comprendre ce qui lui arrive mais de comprendre également ces autres avec qui elle partage maintenant quelque chose.

Un livre relativement court, peu rythmée où il ne faut pas s'attendre non plus à de grandes révélations. Pour ma part, j'ai deviné assez rapidement le problème mais l'écriture est tellement fine et poétique que la raison du pourquoi n'est pas le plus important. En effet, le voyage que l'on parcours à travers toute cette culture si différente de la notre prend le dessus rendant ce livre très sympathique sans pour autant en faire un chef d’œuvre.


Extrait du livre

" Toutes ces femmes qui sont bien nées, celles qui possèdent cette chance de ne pas avoir été sauvagement découpées avant l’âge de quinze ans, celles-là n’ont jamais été éduquées à leur propre anatomie préservée, ignorant tout de sa toute-puissance. Toutes ces psychanalysées dont les thérapeutes, disciples d’un Freud pour qui le plaisir clitoridien doit disparaître au profit du plaisir vaginal, toute une vie acceptent l’absence d’un doigt ou d’une langue car seul l’appendice masculin pénétrant doit tenir un rôle dans l’acte sexuel. Rôle principal qui, dans sa mégalomanie, est devenu monologue. Laissons faire le dieu pénien, lui seul est tout-puissant, sans sa jouissance, ne l’oublions pas, l’humain ne peut se reproduire. Laissons jouir les hommes pour perpétrer l’espèce, pour le reste, on verra plus tard. "
 



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